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Mon parcours… en quelques mots

J'ai grandi dans un environnement rural, avant de rejoindre la Ville pour poursuivre des études en urbanisme. Ces deux environnements n'ont jamais été pour moi en opposition. Bien au contraire... la connaissance du monde rural et de l'urbanité ont été pour moi, un atout, une force !

Le 27 janvier 1956, je suis née à la maternité de la Croix-Rousse.

Du côté de mon père comme de ma mère, nos familles étaient paysans. J’ai donc vécu toute mon enfance à la campagne, dans un petit village de la Dombes, à la ferme, dans une famille de quatre enfants pour laquelle les valeurs de la République avaient tout leur sens. Mais avec mes deux sœurs, nous avons été confrontées à la maladie de notre grand-frère, lourdement handicapé, dans des temps où il n’y avait pas beaucoup d’aide, ni matérielle ni morale. Je n’avais que 12 ans quand il nous a quittés. Très tôt, nous avons pris conscience de la fragilité de la vie, du courage de nos parents, de l’isolement des familles face au handicap, puis de leur chagrin. Nous avons compris aussi que la vie valait d’être vécue, qu’il fallait se battre pour plus d’égalité et d’équité pour rétablir les injustices d’où qu’elles viennent. Et malgré ce drame, mon enfance reste le temps de souvenirs extraordinaires, de beaucoup de tendresse, et d’un esprit de liberté qui a toujours guidé mes pas.

Je suis un pur produit de l’école publique.

Entrée à l’école à l’âge de presque 7 ans – pas de Maternelle dans mon petit village- je suis un pur produit de l’école publique, laïque et gratuite. Qui dit petit village, dit aussi, passée l’école primaire, l’internat pour la suite de ses études. Mes parents, qui n’avaient pas eu cette chance, ont toujours poussé leurs trois filles à faire des études, ils en étaient fiers ! Commence alors une vie loin de la famille. Pas toujours facile quand on est encore une petite fille, mais je garde cependant des souvenirs joyeux et profonds de mes 7 années d’internat au lycée Quinet de Bourg-en-Bresse. La solidarité en fait partie. On n’avait pas droit à l’erreur, il fallait travailler. L’internat forge ainsi le caractère. Facile ou pas, il faut se débrouiller seule, même à l’adolescence quand tout semble si compliqué. Interne, je pratique plusieurs activités dont le théâtre et le sport que je poursuis plus tard, à haut niveau, en hand ! Le sport, c’est important car je le conçois avant tout comme l’école de la vie, l’apprentissage des règles et du respect. Apprendre à gagner mais aussi à perdre, à tirer les leçons de l’expérience et à jouer en collectif.

Je m’engage en 1980 au Parti Socialiste.

Après l’obtention de mon Bac en 1974, j’entre en Fac de géographie à Bron – j’ai fait l’ouverture du campus de Bron ! – c’est une révélation qui va de paire avec la découverte de l’urbain, de la Ville dans toutes ses dimensions. C’est l’ouverture à d’autres univers. De ce premier contact avec Bron, cette Ville qui m’adopte, que j’adopte, qui tout de suite me plaît et deviendra la mienne, naît un véritable engagement pour l’urbanisme, l’urbanité, et bien sûr pour tous ceux qui y vivent. Mais cette nouvelle vie ne sera jamais en opposition avec mon attachement au monde rural, bien au contraire. La connaissance des deux a toujours été pour moi un atout, une force. Je décide alors de travailler sur la question urbaine en me spécialisant en aménagement urbain.
Parallèlement, pour financer mes 7 années d’études, je suis « pionne », surveillante d’internat à Bourg-en-Bresse. A mon tour de m’occuper des internes, et parfois de passer des nuits au chevet de l’une d’entre elles, parler, consoler, aider pour un devoir ! Je jongle avec les trains et mes cours à Bron.
De l’école primaire jusqu’à l’Université et l’Ecole Nationale des Ingénieurs de l’Etat, je sais ce que je dois à l’école et aux institutions de la République. Je sais que l’action politique, lorsqu’elle est au service du bien commun, et qu’elle respecte un certain nombre de valeurs fondamentales, a le pouvoir de faire progresser la société. Et c’est pourquoi, je m’engage en 1980 au Parti Socialiste.

En 1981, André Sousi, Maire de Bron, me demande de créer le service information / communication de la Ville dont j’ai assuré la direction pendant 4 ans.

J’accepte en 1984 le poste d’attachée parlementaire que Jean-Jack Queyranne, alors député de Villeurbanne et 1er Adjoint de Charles Hernu, me propose. Un député aborde de nombreux problèmes de la vie quotidienne, permettant l’apprentissage de l’humilité et de la modestie devant des situations de détresse. Le travail est centré à la fois sur le quotidien mais aussi sur les grandes réformes sociétales, car c’est l’époque des grandes lois initiées par la gauche : les lois Besson (qui garantissent un droit au logement), la Loi sur l’Orientation pour la Ville, les lois Quilliot et Auroux…

Une autre expérience vient enrichir ma connaissance de Bron : en 1982, je deviens la correspondante locale de Bron pour le journal Lyon Matin. Je rencontre ainsi pendant 7 ans les Brondillants, de toutes générations, de tous les milieux, de tous les quartiers, mais aussi les associations brondillantes dans leur diversité. Je découvre la richesse de la vie locale et la Ville dans ses moindres détails.

Je rejoins en 1990 l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (l’ENTPE) en tant qu’ingénieur TPE.

Maman d’une petite fille, je jongle entre travail et famille, et je rejoins en 1990 l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (l’ENTPE) en tant qu’ingénieur TPE. Mon questionnement citoyen et politique rejoint mon travail sur la question urbaine : « Quelle ville pour le 21ème siècle ? ». Une question qui nous est posée à tous ! La nouvelle architecture de la Politique de la Ville a pour enjeu de dépasser la politique de réparation des quartiers en difficultés, parfois stigmatisés, pour agir sur les leviers de l’exclusion.

J’ai ainsi participé à la préparation du colloque Banlieue 89, tenu à Bron en décembre 1990, en présence de François Mitterrand, Président de la République, qui y a annoncé la création d’un Ministère de la Ville. Et à la commission Cavallier chargée de définir les nouveaux contrats de ville. Après une mission avec l’UNESCO en Afrique du Sud qui venait juste d’élire Nelson Mandela – une expérience inoubliable -, j’ai également été membre en juin 2001 de la délégation conduite par le Ministère de la Ville, Claude Bartolone, qui s’est rendue à l’ONU à New-York pour présenter le rapport français pour la résolution Habitat II. Plusieurs mois de travail, pour quelques jours sous la coupole avec le monde entier ! Quand François Lamy, Ministre de la Ville, m’a confié en 2012 la co-présidence du groupe de travail consacré à la « contractualisation, gouvernance et évaluation » dans le cadre de la concertation nationale pour la réforme de la Politique de la ville, j’ai été heureuse de faire à nouveau part de mon expérience et de partager avec tous les acteurs concernés, dont les acteurs économiques, la nécessité de poursuivre le chemin vers une ville durable, sociale et citoyenne.

Lorsque je sors Major de promotion au concours TPE, il n’était pas toujours simple d’être reconnue en tant que femme. Je mesure aujourd’hui les acquis, on est sur la bonne voie de la Parité, même s’il reste encore un long chemin à parcourir ensemble. Ensemble car tout ce qui est bon pour les femmes l’est également pour les hommes … en politique surtout ! Et je dis souvent avec humour – car il en faut – qu’un homme qui a de l’autorité est un homme capable, tandis qu’une femme ayant de l’autorité… est … autoritaire ! Alors que l’autorité ne naît pas de l’autoritarisme, mais de l’exemplarité. Tout comme le travail forge notre caractère, notre exigence le qualifie.
Il est vrai que dans un monde où « paraître » semble plus important qu’être soi-même, l’authenticité est devenue une denrée rare. Mais je suis et resterai toujours fidèle à mes convictions.

Je deviens Adjointe au Maire de Bron chargée de la Politique de la Ville et de l’Habitat en 1989

Dès mon élection en tant qu’adjointe au Maire de Bron chargée de la Politique de la Ville et de l’Habitat en 1989, j’ai eu à cœur de me battre pour un territoire équilibré se traduisant par une réelle politique de mixité, pour une ville plus douce à vivre, plus juste, plus ouverte et solidaire. En 1998, élue Conseillère régionale, je combats avec tous les élus de gauche l’alliance Millon/FN et je vote pour Anne-Marie Comparini à la Présidence du Conseil Régional.

Maire de Bron en 1999, j’avais en tête une phrase de Clémenceau. Si je ne partage pas toutes ses convictions, j’adhère à ce principe : « Il faut savoir ce que l’on veut ; quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire » . Mais je veux aussi citer Jaurès : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ». Ce ne sont pas des mots posés ainsi, pour phraser, des mots sans lendemain, ce sont des lignes de vie, et d’action politique.
Face aux difficultés du quotidien, mais aussi aux attentes légitimes des habitants en matière de développement local et d’équipements, de services publics accessibles à tous, le Maire reste le premier interlocuteur. Bien souvent, il lui est demandé de concilier vision d’avenir et action dans l’urgence, écoute et décision, ambition et sagesse, proximité et prise de recul.
Tout cela est exigeant, c’est vrai, mais on peut agir chaque jour et concrètement.

C’est pourquoi j’ai décidé d’arrêter mon activité professionnelle qui pourtant me passionnait, de renoncer à ma carrière, pour me consacrer entièrement à la Ville de Bron, pour accompagner des projets pour tous, pour avancer ensemble en recherchant l’intérêt général. L’intérêt général qui n’est pas la somme des intérêts particuliers. Je connais les interrogations, les préoccupations exprimées par les Brondillants devant les difficultés engendrées par la crise économique et sociale. Mais c’est ensemble que nous gagnerons les batailles, celle de l’emploi en particulier.

C’est avant tout pour nos enfants que nous agissons, que l’on construit ou que l’on rénove nos équipements sportifs, culturels ou sociaux, nos structures de service public.
L’accès à l’éducation, à la connaissance et à la culture ne sont pas des luxes que l’on peut sacrifier en temps de crise. Mais bien au contraire, le chemin vers l’émancipation individuelle et vers les autres, indispensables pour lutter contre les replis identitaires ou le racisme, pour défendre la laïcité.
Les collectivités locales sont aujourd’hui confrontées à un triple défi : participer au maintien de la cohésion sociale en assurant des services publics essentiels pour toutes les générations dans tous les quartiers, intégrer dans notre quotidien les préoccupations environnementales et de développement durable, et maintenir un haut niveau d’investissement, créateur d’emploi et garant du développement économique.

Élue dès 1995 Conseillère communautaire, Vice-présidente du Grand Lyon en 2008, puis Conseillère de la Métropole de Lyon depuis le 10 juillet 2017.

Tous les mandats ou fonctions que j’ai exercés, pour lesquels on m’a sollicitée, je ne les ai acceptés que pour en faire bénéficier la Ville de Bron et tous ses habitants. Élue dès 1995 Conseillère communautaire, Vice-présidente du Grand Lyon en 2008, puis Conseillère de la Métropole de Lyon depuis le 10 juillet 2017, j’ai pu impulser un projet de développement à l’échelle de notre commune, en phase avec la politique du Grand Lyon. Mon action s’inscrit dans un objectif d’équilibre de la ville, de promotion du vivre ensemble, de diversité des fonctions, de renforcement du centre ville, dans l’intention de faire évoluer notre commune située en première couronne de l’agglomération lyonnaise qui subissait une perte de population, souffrait d’un bâti ancien, en centre ville, mais bénéficiait de vastes zones pavillonnaires très paysagères qu’il faut préserver. Et de mener parallèlement une politique ambitieuse de renouvellement urbain tant sur le grand ensemble que sur les copropriétés dégradées.
Je me suis battue pour que notre Ville ait la chance de bénéficier de grands chantiers de l’agglomération : Mermoz Pinel, les tramways T2 et T5… Mes mandats au Grand Lyon/Métropole de Lyon et au Conseil Général du Rhône, ainsi que mes représentations à l’OPAC du Rhône ou au SYTRAL y ont largement contribué. Il en est de même pour mes responsabilités de Vice-présidente de l’Association des Maires de France, qui m’ont conduite à porter la parole de Bron au niveau national, mais aussi à échanger et à construire avec les autres Maires de France, sans esprit partisan, toujours dans l’intérêt général.

La Légion d’Honneur que j’ai eu l’immense honneur de recevoir en avril 2013 n’a fait qu’accroître ma détermination et ma responsabilité. Cette reconnaissance de la République n’a pour moi de sens que dans le collectif.
Car la politique, ce sont des actes, et des actes qui témoignent de responsabilités. Les valeurs de la transparence, de l’authenticité dans les relations humaines sont importantes. De même que la franchise et la politesse du cœur.

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